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Le 01/12/2013 - Peninsula Paris un chantier hors norme

La réhabilitation de l'ancien Majestic, avenue Kléber à Paris, est en train de s'achever au terme de trois ans de travaux colossaux. Visite du chantier aux côtés de l'entreprise SOE Stuc et Staff, qui a réalisé un travail exceptionnel pour la décoration intérieure.

Été 2014, le nouvel hôtel Peninsula de Paris ouvrira ses portes et écrira une nouvelle page d'une histoire déjà riche. Construit par l'architecte Armand Sibien entre 1906 et 1908, l'hôtel Majestic fut en effet l'un des palaces de référence de la capitale avant d'être racheté par l'État en 1936 et affecté à la direction de l'armement du ministère de la Défense. Il sera ensuite réquisitionné par l'occupant nazi qui en fera le siège du haut commandement des armées allemandes en France, puis accueillera, à la Libération, le siège de l'Unesco naissante. En 1959, il devient le Centre des conférences internationales du ministère des Affaires étrangères, et d'importantes négociations seront tenues entre ses murs. En 2007, ses nouveaux propriétaires ont décidé de lui redonner sa vocation hôtelière d'origine. Le Peninsula Paris s'apprête ainsi à réintégrer le cercle très fermé des palaces parisiens, au terme d'un exceptionnel chantier de rénovation lourde mené par CBC et Petit (Vinci Construction France).

UNE RÉNOVATION D'UNE AMPLEUR EXCEPTIONNELLE

Plus de trois ans de travaux auront été nécessaires pour ressusciter le bel endormi. En infrastructure, trois niveaux allant jusqu'à 12 mètres en dessous du niveau de l'avenue Kléber ont été créés afin d'héberger un spa, une piscine, les cuisines, un parking, ainsi que toutes les installations nécessaires au personnel. En superstructure, il a fallu modifier toutes les structures porteuses (poteaux et poutres) afin de les adapter à la nouvelle trame des 200 chambres et suites prévues, ravaler les façades de pierre et remplacer toutes les menuiseries extérieures. Enfin, l'ensemble des décors et boiseries intérieurs ont dû être déposés pour une remise en place ultérieure, le maître d'ouvrage ayant souhaité conserver l'esprit historique du lieu au rez-de-chaussée. « Le poids total des charpentes métalliques du nouveau bâtiment équivaut à celui de cinq TGV, et celui du béton coulé à plus de trois fois le poids de la tour Eiffel ! C'est le chantier de tous les records », s'amuse Bruno Rondet, dirigeant de Sœ Stuc et Staff.

LE STUC ET STAFF, UN SAVOIR-FAIRE TRADITIONNEL

Son entreprise a été chargée d'une double mission exceptionnelle, qui a mobilisé en permanence pendant un an plus d'une trentaine de compagnons. D'une part, la réalisation des plafonds en staff et des corniches dans plus de 100 chambres, salles de bain et dressings répartis sur trois étages, en groupement avec une autre société. D'autre part, la réalisation ou la restauration en stuc pierre et en staff des pilastres, chapiteaux et corniches de la zone historique du rez-de-chaussée, qui comprend des salles de restaurant et le lobby, soit une surface totale d'environ 800 m2, qui a nécessité l'installation de plus de 600 m2 d'échafaudages. « J'ai commencé à travailler très jeune, mais je n'ai jamais connu un chantier de cet acabit, impressionnant aussi bien par sa taille que par le niveau d'exigence requis », souligne le dirigeant. Son entreprise a eu ainsi l'occasion de déployer à une échelle inédite son savoir-faire hérité d'une longue tradition artisanale, que les compagnons perpétuent avec passion. La zone patrimoniale a exigé une année de travail pour la reconstitution des pièces (pilastres et chapiteaux notamment) qui ont chacune fait l'objet d'un moulage spécifique. Les moules ont été dessinés, puis fabriqués de façon traditionnelle, à partir de plâtre et de filasse. Les moulages ont ensuite été réalisés à l'atelier avant d'être appliqués sur site. La composition du stuc pierre destiné aux parties historiques a été calquée sur celle d'origine, avec une graine de pierre pilée identique à celle utilisée il y a un siècle. De même, les compagnons ont fait des recherches pour obtenir une couleur de stuc qui reste dans la continuité des pièces d'origine existantes.

UN ROBOT POUR RÉDUIRE LA PÉNIBILITÉ

Pour faciliter la perpétuation de ce savoir-faire traditionnel, les innovations techniques sont cependant bienvenues. Avec un objectif : réduire la pénibilité du travail sur un chantier de cette étendue. « Nous avons par exemple installé un monte-charge au rez-de-chaussée, qui permet de monter le matériel livré à pied d'œuvre en haut des échafaudages, à hauteur de plafond, là où travaillent les compagnons », explique Bruno Rondet. SOE Stuc & Staff a surtout conçu et développé, à l'occasion de ce chantier hors normes, une machine pour faciliter le ponçage des plafonds et des rampants d'escaliers. Celui-ci s'effectue en effet les bras en l'air sur de longues plages de temps, d'où sa forte pénibilité. « Nous avons commencé par tester diverses machines existant sur le marché, notamment des « girafes » installées sur un socle à roues avec un levier qui permettait à l'opérateur de mettre en position la ponceuse sans la supporter physiquement, mais sans succès, car le matériel laissait des traces de ponçage en forme de disque sur les plafonds », raconte le dirigeant. Il se tourne alors vers un mât en carbone, monté sur un harnais, qui permet d'utiliser la machine de manière à ce que le poids soit reporté sur le haut des épaules et non sur les bras. Mais là encore, l'équipement, habituellement utilisé par les caméramans, n'est pas adapté à la tâche. « Nous avons donc abandonné cette solution et retravaillé à partir d'un autre matériel de la société Exhauss « exosquelette », composé d'un harnais et de bras métalliques, qui est parfaitement adapté au poste de travail. Nous l'utilisons désormais sur le chantier du Peninsula. » Cette ingénieuse innovation a ainsi permis de réduire la pénibilité de ce poste de plus de 80 %. Un progrès appréciable pour les compagnons, même si, comme le souligne malicieusement Bruno Rondet, « il faut tout de même se lever le matin pour aller travailler ! »

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