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Le 13/11/2017 - Prix Moniteur de la construction 2017: les lauréats de l'Ouest et du Centre

Depuis 2001, les Prix Moniteur de la construction récompensent des PME indépendantes, souvent familiales, qui conjuguent performances économiques et sociales. Parmi les 28 entreprises régionales distinguées dans toute la France, dans quatre catégories différentes — clos-couvert, second œuvre, équipement technique et travaux publics —, quatre sont implantées dans l’Ouest et le Centre dont Macoretz, « Grand Prix » 2017, et Christian Fougeray & Cie, lauréat national dans la catégorie « Second œuvre ».

Intéressement, développement personnel, droit à la déconnexion… Serge Boureau, P-DG de la Scop Macoretz, mise sur le bien-être des salariés. © Thomas Louapre/Le Moniteur

Macoretz, lauréat Clos-couvert et Grand prix
 
Créée en 1986 en statut coopératif par quatre associés militants de la première heure, la Scop Macoretz est restée fidèle à son engagement de départ de «vivre et travailler au pays dans un autre rapport au travail», comme l’affirme son P-DG Serge Boureau. Pourtant, depuis trente ans, l’entreprise générale de Loire-Atlantique n’a cessé de croître au rythme de six nouvelles embauches par an en moyenne, pour atteindre 188 salariés aujourd’hui. La conjoncture ayant retrouvé des couleurs, Macoretz prévoit même «une petite vingtaine de recrutements dans l’année». « La satisfaction de nos clients, le maintien d’un emploi local, l’épanouissement de chaque salarié et la réussite collective sont parmi nos valeurs essentielles» résume Serge Boureau, régulièrement réélu à la tête de l’entreprise, qui passera le flambeau dans deux ans à Xavier Lebot, l’actuel directeur général délégué. Au quotidien, ces valeurs se traduisent par l’attention portée à la formation. Celle-ci représente 4% de la masse salariale, avec des sessions sur les techniques de construction bien sûr, mais aussi la vie coopérative, voire le développement personnel. L’entreprise mise aussi sur l’apprentissage, perçu ici comme une filière d’excellence représentée notamment par Thomas Landreau, jeune apprenti en 2015 et médaillé d’or aux Olympiades des métiers en carrelage. Aujourd’hui, 21 apprentis, dont plusieurs en études supérieures, font leurs armes chez Macoretz, où 20% de l’effectif est issu de l’apprentissage.
 
Redistribution équitable
 
Depuis la création de l’entreprise, les sociétaires ont toujours souhaité une redistribution équitable des résultats. L’échelle des rémunérations est de 1 à 3,8 seulement, et les salariés peuvent toucher jusqu’à quatre mois de salaire supplémentaires (deux mois en moyenne) via un système d’intéressement. «Nous n’accordons pas de prime individuelle et personne n’est rémunéré à la commission», précise Serge Boureau, qui envisage un nouveau contrat d’annualisation qui pourrait inclure un «droit à la déconnexion».Le dirigeant en est convaincu, «un autre rapport au travail est possible». Pour cela, mais aussi pour «pérenniser l’outil de travail», l’entreprise a investi 7 millions d’euros dans un site de production intégrant 1 250 m2 d’ateliers ergonomiques conçus avec l’aide de la Carsat et de l’OPPBTP mais aussi dans un nouveau siège social. Installés dans une nef agrémentée d’une verrière et de coursives, ils ont été conçus avec le même souci d’efficacité et de bien-être au travail. Cerise sur le gâteau, ces bâtiments sont équipés d’une chaufferie bois alimentée par les déchets de l’atelier.
 
  • Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique)
  • 205 salariés
  • 21,3 millions d’euros de chiffre d’affaires
 
 
Selon son P-DG Erik Dangremont, la Scop créée il y a bientôt quarante ans doit sa prospérité à la fidélité de ses clients. © Cyril Chigot/Le Moniteur
 
Scetec, lauréat Equipement technique
 
L’état d’esprit de la Scetec est indissociable de son statut coopératif. Il est à l’origine de la création de l’entreprise en 1978 lorsqu’à la suite du dépôt de bilan de leur entreprise, 32 ouvriers décident de poursuivre l’activité sous la forme d’une Scop. Depuis cette date, la Scetec ne cesse de se développer grâce à des chantiers manceaux remarquables, tels que la centrale photovoltaïque du stade MMArena ou le Technicampus, le centre de formation de la SNCF avec un marché de 4,8 millions d’euros en génie climatique et électrique. Sur ces lots techniques, la Scop propose une large offre de services, allant de la conception (études en BIM, comme pour le siège régional du Crédit agricole) à la maintenance, en passant bien sûr par la réalisation (avec un atelier de câblage interne). La Scetec doit aussi sa prospérité à la fidélité de ses clients, comme l’enseigne Brico Dépôt qu’elle accompagne dans tous ses projets en France depuis dix ans. Pour Erik Dangremont, P-DG depuis 2007, «il n’est pas assez de bien faire, encore faut-il le faire de la meilleure manière». Cette ligne de conduite se traduit par une politique prévention remarquable et des valeurs humaines qui forment le cœur du projet d’entreprise. Ainsi, l’échelle des salaires est resserrée (de 1 à 5), les bénéfices sont largement redistribués (jusqu’à cinq mois de salaire pour un ouvrier associé) et la formation privilégiée. La Scetec compte d’ailleurs 19 jeunes en apprentissage. «C’est notre meilleure filière de recrutement», assure Erik Dangremont.
 
  • Le Mans (Sarthe)
  • 127 salariés
  • 17 millions d’euros de chiffre d’affaires
 
 
Stéphane Pelte (à g.) et José Péqueno ont mis en place de nouvelles méthodes de management. © David Ademas/Le Moniteur
 
Armor Réseaux Canalisations (ARC), lauréat Travaux publics
 
Créée en 1982 sous la forme d’une Scop, placée en redressement judiciaire en 2004, ARC a bien failli disparaître. C’était sans compter l’énergie de son fondateur, Paul Corduan, qui a su conserver la confiance de ses gros clients comme Orange, GRDF et ERDF (désormais Enedis). En 2010, l’entreprise s’ouvre même aux réseaux humides en décrochant un marché d’assainissement pour l’agglomération de Saint-Brieuc. Le statut coopératif des débuts ayant perdu tout sens, lorsqu’elle sort du plan de sauvegarde en 2013, l’entreprise est transformée en SAS avec l’objectif d’une transmission à court terme. Des contacts sont rapidement pris avec Stéphane Pelte, 43 ans, ex-chef d’agence chez Eiffage. Disposant de 51% du capital, cet ingénieur diplômé de l’ESITC Metz peut s’appuyer sur José Péqueno, un cadre historique qui a gravi tous les échelons de la société. Autre garant de la continuité, Paul Corduan, qui conserve 20% des parts. Très vite, le tandem Pelte-Péqueno met en place de nouvelles méthodes de management. «Nous avons tout réécrit. La première décision a été d’établir des fiches de poste et d’instaurer des entretiens annuels», se souvient Stéphane Pelte. Les salariés disposent de nouvelles tenues complètes et un nouvel accord d’entreprise précise la modulation du temps de travail (39 h, heures supplémentaires payées 15% de plus). Enfin, les dirigeants renforcent l’autonomie de la société. Un chef d’atelier a été embauché pour gérer le parc matériel d’une centaine de véhicules et ARC s’est équipé pour poser de l’enrobé et réaliser la réfection de ses propres chantiers.
 
  • Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor)
  • 71 salariés
  • 11,3 millions d’euros de chiffre d’affaires

13/11/2017

Lire l'article sur le site lemoniteur.fr

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