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Départements : 14, 22, 29, 35, 44, 49, 50, 53, 56, 61, 72, 79, 85

Président :
M. Jany PERONNET

Secrétaire Général :
M. Pierre FONDARD

Adresse :
La Maison des Scop de Poitou-Charentes
7 bis rue Sainte Claire Deville
79000 NIORT

Coordonnées :
Tél. : 05 49 73 37 79
Fax : 05 49 73 16 20
scopbtp-poitou@scop.coop

En bref

Le 31/03/2017 - Le saviez-vous?...127 ans d'histoire Coopérative dans notre quartier

Dans son livre intitulé « URSCOP de Poitou-Charentes : 50 ans en mouvement », l’historienne Marie-Pierre Baudry fait remonter le début de l’aventure coopérative ouvrière en Poitou-Charentes à 1890, année de la création de l’association corporative des ouvriers menuisiers de Poitiers, appelée plus tard Le Progrès, dont la SCOFAB est l’héritière aujourd’hui.

Nous sommes maintenant ressortissants de la « NOUVELLE AQUITAINE ». Il faut que les entités nationales, régionales, voire communales s’étoffent pour développer l’attractivité du territoire, nous dit-on !!!

Les buts annoncés peuvent sembler justifiés et logiquement devraient permettre de meilleurs réactivités et développements.

Plus près de nous, l’évolution c’est GRAND POITIERS et ses 40 communes. À cet égard, qu’en est-il pour les habitants de Poitiers-Sud ?

Le mensuel Poitiers-Mag de février 2017 titre sur « le choix du rassemblement et de l’audace » et le Maire, également Président de Grand Poitiers, insiste sur l’innovation et la solidarité.

Pour notre quartier, la tâche est considérable :

  • voirie en mauvais état, sans ajustements pour tenir compte du développement de la zone commerciale d’Auchan, avec Alinéa, zone de Chaumont, et autres ?
  • rocade dangereuse dans son utilisation et son franchissement.

Parler alors d’attractivité devient aléatoire.

Pourtant, le site internet de Poitiers évoquant notre quartier retient une diversité de services et de commerces et une abondance d’espaces verts...

Or, les commerces de proximité se raréfient, mais il est vrai que la municipalité ne fait référence qu’au Centre Commercial de Poitiers-Sud.

Pour le reste, retenir la Galerie d’Art de Bellejouanne, rarement entrouverte et déserte, n’est pas très sérieux. Enfin, l’espace vert le plus important est le Parc des Prés Mignons.

Il faut reconnaître que par le biais des budgets participatifs, la Ville a installé des agrès pour un parcours-santé et enfin en 2016 des pancartes claires sur leur utilisation.

Et la maison bourgeoise, me direz-vous ?

RIEN !!! nonobstant les démarches du Comité, aucun budget de prévu avant la fin de la mandature, c'est-à-dire 2020, ensuite peut-être ? Autrement dit, rien n’est perdu fors l’espoir !!! Venez nous rejoindre, car c’est en étant nombreux que nous pourrons agir plus efficacement.

Jacques STERVINOU (Président Comité Vivre à Poitiers-Sud) 

DU PROGRES A LA SCOFAB

Cette entreprise coopérative est créée par sept ouvriers, le 20 novembre 1890, rue de La Tranchée, à Poitiers, pour effectuer des travaux de menuiserie et de charpente. À sa tête : un directeur général et un gérant, élus par l’assemblée générale ; plus une commission de surveillance de trois membres, chargée de contrôler l’administration. Chaque année, les bénéfices de l’entreprise sont répartis entre : les salariés (au prorata du temps de travail), la rémunération des parts sociales, et les réserves pour le fonctionnement de l’entreprise. Les statuts et le règlement intérieur de cette société coopérative insistent sur le respect mutuel entre les ouvriers, et la solidarité avec la création d’une caisse de secours en cas de maladie ou d’accident.

Les débuts sont difficiles, et les salaires sont réduits la première année. L’équipe travaille 350 jours par an, même le dimanche ! Mais la détermination des salariés permettra l’amélioration des résultats.

De nouveaux statuts et une augmentation de capital sont votés en 1901 ; la répartition des bénéfices est revue : 20 % pour la réserve d’entreprise, 20 % pour la rémunération du capital par les dividendes versés aux associés, 40 % pour la rémunération du travail versés aux salariés au prorata des gains, et 20 % pour la solidarité (dons, prêts gratuits aux associés, aux salariés et leurs familles, et adhésion à la caisse de secours de la Chambre consultative nationale).

Les noms de la société évoluent avec ses activités : elle devient Association Coopérative des Ouvriers Menuisiers et Charpentiers Bois et Fer, puisqu’elle développe des activités de charpente métallique, ferronnerie et serrurerie, puis Le Progrès. L'entreprise compte alors 17 salariés.

En 1915, un banquet est organisé pour fêter les 25 ans de la société et l’inauguration des nouveaux ateliers, situés rue des Petites Vallées, à Poitiers-Sud. Le discours du dirigeant,

Auguste Maître, insiste sur les valeurs coopératives et la mise en pratique des idées de Charles Fourier : Travail, Capital, Talent.

« Notre association, minuscule à ses débuts, a grandi par ses seules forces ; de plus, elle a victorieusement prouvé qu’avec de la volonté, de l’ordre, de la conduite, le travail pouvait en une génération donner naissance au capital et le féconder dans de larges proportions aux travailleurs...».

Il ajoute : « Il y a un moyen juste et simple d’éviter les conflits : faire participer tout le personnel travaillant aux bénéfices de l’entreprise, rendre l’ouvrier propriétaire de son instrument de travail, permettre son affranchissement économique, lui donner la force et les moyens de lutter par les voies légales contre l’abaissement ou la hausse exagérée dès salaires, tel est le but que nous poursuivons. » Entre les deux guerres, différentes mesures sont prises par l’État pour soutenir la création de sociétés coopératives. La loi de 1928 leur réserve une partie des travaux réalisés sur les habitations à loyer modéré ; et un décret de 1931 facilite leur participation aux marchés publics. C’est ainsi que la société Le Progrès participera à la construction des maisons de la cité-jardin par les HBM (Habitations Bon Marché), à Bellejouanne.

Pendant la seconde guerre mondiale, l’État concentre les crédits sur l’industrie militaire, et les ouvriers sont réquisitionnés. Les sociétés coopératives du bâtiment souffrent, et certaines disparaissent. Le Progrès, en revanche, voit ses effectifs doubler de 1939 à 1940 grâce à une commande de construction métallique.

Après-guerre, la période appelée « Trente glorieuses » connaît une croissance nationale importante, mais pour le Progrès, c’est une période de régression. L’entreprise pionnière dans son fonctionnement coopératif, dérive vers une entreprise patronale classique. En 1977, elle dépose le bilan ; elle compte 60 ouvriers lors de sa fermeture.

1977 : RENAISSANCE DE LA SOCIETE COOPERATIVE AVEC LA SCOFAB

Treize ouvriers, licenciés du Progrès, décident de réunir leurs indemnités de licenciement pour constituer le capital d’une nouvelle société : la SCOFAB, Société Coopérative Ouvrière Fer Alu Bois.

Les salariés-associés veulent revenir à la forme coopérative, où les emplois sont plus importants que le capital. L’Union Régionale des SCOP Poitou-Charentes apporte son soutien, ainsi que la ville de Poitiers, qui rachète les locaux occupés par l’entreprise et lui rétrocède avec paiement étalé. La solidarité n’est pas seulement entre les ouvriers ; elle est aussi entre coopératives. Ainsi, en 1984, la SCOP Niortaise STECO prête de l’argent à la SCOFAB pour faire face à un problème de trésorerie. Aujourd'hui la SCOFAB, ce sont 19 personnes qui pérennisent l’esprit de la société coopérative.

LA SCOFAB : UN LIEU CONNU DES HABITANTS DU QUARTIER 

La SCOFAB siège au 33 rue des Petites Vallées. Au-dessus de ce numéro, sur le linteau de la petite porte piétonne, on peut lire encore l’inscription « conciergerie ». Elle atteste du passé de cette entreprise, qui avait autrefois un gardien logeant dans la maison contiguë au grand portail d’entrée. Les premiers bâtiments de l’usine, construits par les associés du Progrès, datent de 1914. Ils se situaient à l'époque à la lisière de la ville, sur un terrain d’une superficie très importante. En 1926 et 1928, la COOP a cédé des terrains à des particuliers souhaitant y faire construire leur maison, actuellement situées rue Paul Mérine ou rue Marc Niveaux.

Aujourd’hui, l'entreprise s’étend sur 10 000 m2 dont 5 000 couverts. L’ensemble construit comprend plusieurs bâtiments longilignes, les uns en pierre, les autres en tôle ondulée. Ils abritent trois grands ateliers- menuiserie bois et agencement, menuiserie extérieure aluminium, serrurerie-métallerie, menuiserie métallique, cloisons, isolation, plus un bureau d’études et diverses zones de stockage.

A l’abri des regards, 19 ouvriers travaillent en ces lieux, dont la moitié part sur les chantiers tous les jours.

LA SCOFAB : UNE HISTOIRE HUMAINE AVANT TOUT

À sa création, Jean-Michel Perrin devient PDG de la nouvelle société coopérative ouvrière ; il y restera jusqu’à sa retraite. De sa longue expérience, il retient que « la réussite d’une SCOP, c’est un carnet de commandes, une équipe et un leader ».

Aujourd’hui, Christophe Fergeau est le PDG, élu parmi les ouvriers. Entré à 17 ans à la SCOFAB, il s’est formé, impliqué et est parvenu à la direction après avoir fait la preuve de ses compétences. Mais il garde le contact avec le terrain, puisqu'il est aussi chargé d’affaires et conducteur de travaux pour l’atelier menuiserie bois. Selon lui, les échanges sont nécessaires pour garder la dimension humaine des SCOP.

Depuis septembre 2011, il est secondé par Didier Parquet, directeur commercial et administratif. Malgré les journées bien longues parfois, il a accepté de nous recevoir, pour nous parler de leur société :

Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de votre société ?

Tout salarié est sociétaire. Lorsqu’un ouvrier est embauché, il a un an pour choisir s'il veut devenir sociétaire ou pas. S’il ne le désire pas, il doit alors partir. S’il désire rester, il doit faire un petit apport en capital, et sa nomination est entérinée à L’Assemblée Générale, à la majorité. Il y a 8 administrateurs, tous sociétaires actuels ou anciens. C’est au cours des Conseils d’administration, au minimum 5 par an, que sont prises les décisions majeures ; c’est également cette instance qui élit le PDG pour 4 ans.

  • Les idées qui ont servi de fondement aux sociétés coopératives étaient empruntées à Fourier : Travail, Capital, Talent.

Et vous, quelles sont les idées force de votre entreprise ?

D’abord, on est fier d’être des ouvriers. Et puis, c’est notre entreprise : on travaille pour nous, on abandonne le « moi/je » ; si on gagne, on gagne ensemble ; si on perd, on perd ensemble !

Notre but : satisfaire au mieux les clients.

Notre force : la qualité de notre travail, et la mentalité « notre entreprise ».

Les difficultés pour un dirigeant de Scop : faire fédérer « votre idée », faire comprendre que c’est l’intérêt commun (dans les entreprises classiques, pyramidales, la tête décide, les employés exécutent).

  • Quelles sont les qualifications des employés de la SCOFAB ?

Nous avons des menuisiers bois, alu, métal, et des serruriers-métalliers. Il y a également 3 chargés d’affaires et conducteurs de travaux, un par métier et atelier ; chaque conducteur suit ses dossiers de A à Z, ça aussi c’est une force.

Nous prenons des stagiaires des LP Réaumur et A. Perret ; lorsqu’ils présentent les aptitudes nécessaires aux différents profils de notre société, nous leur proposons une formation approfondie. La transmission des savoir-faire est importante pour nous, on mise sur l’humain et sur l’avenir, c'est un investissement à long terme ; actuellement, nous avons 2 contrats génération et 1 contrat avenir.

  • Avez-vous des travailleurs handicapés ?

OUI, 16 % de nos effectifs, et j’ai moi-même une reconnaissance handicap à la suite d’un accident du travail.

  • Vous êtes entourés d’habitations individuelles : quelles sont vos relations avec le voisinage ?

C’est effectivement une particularité que je souligne souvent, nous sommes une entreprise en pleine ville. Mais nos rapports avec nos voisins sont bons ; il n’y a pas de nuisances sonores, ni olfactives car nous externalisons les travaux de traitements de surfaces. Dans le cadre de notre politique environnementale, nous avons fait les démarches pour avoir la certification iso 14001, nous sommes particulièrement impliqués pour la protection de l’environnement.

Sur le plan économique et savoir-faire de la SCOFAB, peu de personnes environnantes savent exactement ce que nous faisons ; mais depuis un an et demi, nous avons remarqué une augmentation du voisinage pour quelques demandes de devis et souvent pour des dépannages divers et variés. 

LA SCOFAB : 1977-2017, 40 ANS CETTE ANNEE

Les employés-sociétaires de cette SCOP savent qu’ils sont héritiers d’une histoire âgée de plus d’un siècle. Mais il faut vivre avec son temps et s’adapter. Derrière ses murs vieillis, l’entreprise se modernise : un parc informatique entièrement changé depuis 5 ans, un programme annuel d’investissement, pour renouveler les véhicules, les bâtiments, et surtout le matériel afin de rechercher le confort de travail et la fiabilité.

Aujourd’hui, la SCOFAB ce sont ;

  • des activités diversifiées : outre les menuiseries bois, alu, PVC, acier/inox, ils proposent des travaux d’isolation, désenfumage, plafonds, cloisons sèches, grilles, portails, volets roulants, aménagement de véhicules...

Leur fierté : « on ne fait pas de série ; toutes nos fabrications sur mesure sont réalisées dans nos ateliers ».

  • des clients dans toute la Vienne : des particuliers, des entreprises, des administrations publiques et privées et en milieux de santé.

ET L’AVENIR ?

Le maître mot, c’est « transmission ». Dans un contexte économique difficile, le challenge est de concilier les contraintes du marché et les valeurs de la coopération ouvrière. Riches d’une histoire forte, les employés-sociétaires sont reconnaissants envers les anciens qui leur ont montré la voie, mais aussi déterminés à pérenniser leur héritage. s.B.

CARACTÉRISTIQUES D'UNE SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE OUVRIÈRE DE PRODUCTION (SCOP)

Particularité : gérée et dirigée collectivement par les salariés associés qui en détiennent la majorité du capital.

Juridiquement : une Scop a un statut de Société Anonyme (SA), ou de Société par Actions Simplifiées (SAS), ou de SARL.

Les salariés y sont associés majoritaires et détiennent au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. Ce sont eux qui élisent le dirigeant.

Aux conseils d’administration et aux assemblées générales, chaque associé-salarié a 1 voix, quel que soit le montant de son apport en capital.

La part de chaque associé est remboursée en cas de départ de la Scop

LA FRATERNELLE

Dans le quartier de Poitiers-Sud, à proximité du PROGRÈS (aujourd’hui SCOFAB) il y avait une autre coopérative « LA FRATERNELLE ». Née en 1897, La Fraternelle, siégeant 9-11 rue de Chilvert avec ses ateliers rue Chevrier, était l’Association Coopérative des Ouvriers Tailleurs de Pierre et Maçons de Poitiers. Aujourd’hui, La Fraternelle continue son activité sous l'appellation d’UNISCOP et emploie entre 40 et 45 salariés dont 4 apprentis en permanence. Sa situation géographique a changé. La Fraternelle a quitté le quartier pour aller s’installer rue du Carreau au Porteau à Poitiers.

31/03/2017

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