PPP : La Fédération Nationale écoutée - le Conseil Constitutionnel « recadre » la loi
Adopté très rapidement par le Parlement sans qu'aucun des
amendements suscités, en particulier la fixation d'un seuil de 50 M€, n'ait été
retenu, le projet de loi sur les contrats de Partenariat Public Privé (PPP) a
fait l'objet de deux recours devant le Conseil Constitutionnel.
Le Président de la Fédération Nationale, Jacques PETEY, a immédiatement adressé
au Président du Conseil Constitutionnel, Jean-Louis DEBRE, un courrier (Cf.
pièce jointe) appuyant ce recours et développant les arguments qui justifiaient
que les dispositions les plus extrêmes de ce texte soient censurées.
Il convient de rappeler que l’opposition de la Fédération Nationale à la
généralisation des PPP (et non à l’usage ponctuel et raisonnable de ceux-ci),
telle qu’elle était organisée dans le projet de loi, est fondée sur le constat
que cette formule est un facteur de réduction de la concurrence au détriment des
TPE et PME et, du fait même de cette concurrence, du bon usage des deniers
publics.
Sans aller jusqu'à une censure totale du texte, que la Fédération Nationale ne
demandait pas par ailleurs, le Conseil Constitutionnel a, dans sa décision du 24
juillet 2008, répondu à nos attentes sur plusieurs points d'importance.
Il a en premier lieu, comme la Fédération Nationale le lui avait suggéré,
supprimé l'autorisation de recourir systématiquement et sans justification aux
PPP dans certains secteurs (prisons, casernes, établissements de santé…) et
certaines opérations (rénovation urbaine, amélioration de l’efficacité
énergétique, réduction des gaz à effets de serre des bâtiments publics).
C'est donc tout un pan de la commande publique qui revient dans le droit commun,
c'est à dire que le recours éventuel à un contrat de partenariat devra être
dûment justifié, sous le contrôle du juge, par l'urgence et ou la complexité du
projet.
En second lieu, il a soigneusement encadré la justification du recours aux PPP
par un "bilan plus favorable" (par rapport aux autres contrats publics) en
précisant que ce bilan devrait prendre en compte "l'intérêt des deniers
publics". Concrètement, l'évaluation préalable devra faire apparaître l'intérêt
financier de la formule retenue, ce qui, à ce stade, paraît plutôt hasardeux…
S'agissant d'ailleurs de l'évaluation préalable, le Conseil Constitutionnel a
également précisé que seule une urgence ayant le caractère de force majeure
pourra justifier qu'elle reste succincte. Dans tous les autres cas, elle devra
être exhaustive et faire clairement ressortir les justifications de l'usage du
PPP.
Il a enfin rendu plus complexe, en en renforçant le formalisme, la réalisation
d'opérations en PPP "partagé" entre plusieurs collectivités locales.
Le Conseil Constitutionnel, a donc une nouvelle fois sérieusement recadré le
recours aux contrats de partenariat, en rappelant qu'il s'agissait de
dispositions dérogatoires au droit commun de la commande publique qui, comme
telles, devaient rester exceptionnelles et justifiées par des raisons
particulières.
Il rappelle d'ailleurs à plusieurs reprises que ces justifications (la
complexité, l'urgence, le meilleur usage des deniers publics) restent soumises
au contrôle des juges. Il est clair que sa dernière décision aura fourni à ces
derniers des critères exigeants pour apprécier la validité des projets qui leur
seront soumis.
Enfin, il convient de souligner qu'aucun responsable de collectivité publique
n'est aujourd’hui contraint, même si les conditions légales en sont réunies, de
recourir aux contrats de Partenariat Public Privé.
Pour sa part, la Fédération Nationale des SCOP du BTP s'estime très satisfaite
des résultats de son action de lobbying largement relayée par les médias
(consultable sur le site : www.scopbtp.org
: Conférence de presse, interview du Président Jacques PETEY dans le Journal Le
Monde, interview du Délégué Général Olivier DIARD par le site internet de
référence de la commande publique….), compte tenu notamment de la puissance et
des réseaux des partisans de la multiplication des PPP.
La Fédération Nationale invite chaque Coopérative de BTP et chaque Fédération
régionale SCOP BTP à poursuivre, sur son territoire et auprès des Collectivités
publiques, le lobbying mené au plan national par la Fédération en faveur d'un
accès direct des PME à la commande publique.
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