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  • 23/09/2015

    L’ACTIVITÉ FRÉMIT, MAIS CE N’EST PAS ENCORE LA REPRISE

     

    Pour le président de la Fédération nationale des Scop du BTP, le gouvernement doit aller au-delà des effets d’annonce et prendre rapidement des mesures pour accélérer la relance.

    Si les sociétés coopératives et participatives (Scop) résistent mieux à la crise que les autres entreprises de la construction, Jacques Petey estime que leur "trésor de guerre" pourrait fondre si le gouvernement ne prend pas rapidement des mesures pour accélérer la relance.

    Comment jugez-vous la conjoncture en cette rentrée ?

    Jacques Petey : Nous observons quelques frémissements dans l’activité et le climat semble un peu plus favorable qu’en début d’année. Mais il faut rester très prudent car, globalement, l’économie continue à se dégrader. Les effets d’annonce du gouvernement ne suffisent pas, pour l’instant, à provoquer une véritable reprise. Les Scop résistent un peu mieux que les autres entreprises parce qu’elles disposent de fonds propres qui leur permettent de dégager un peu de trésorerie et de préserver l’emploi. Reste que ce trésor de guerre s’épuise petit à petit… Sans une relance rapide et massive de la commande publique et privée nous allons être confrontés à de nouvelles difficultés.

    Vous êtes inquiet pour 2016 ?

    J. P. : La confiance ne se décrète pas. Nous attendons des décisions fortes de la part du gouvernement. Les opérations lourdes, celles qui peuvent ramener de la croissance, sont bien trop longues à sortir. La mise en chantier du Grand Paris Express, par exemple, devrait être accélérée. Dans le même temps, il faudrait que les pouvoirs publics apportent enfin des solutions aux problèmes qui minent le BTP depuis des années. L’engrenage du moins disant, la concurrence déloyale du détachement de salariés, la baisse des dotations des collectivités… autant de dossiers qui devront être réglés en 2016. Faute de quoi, l’année prochaine sera aussi difficile que les précédentes.

    Les lois Macron sur la croissance, la loi de transition énergétique, le dispositif Pinel pour la relance du logement… cet arsenal législatif va pourtant dans le bon sens…

    J. P. : Bien sûr, tous ces textes ouvrent des perspectives pour l’avenir. Mais il faut être conscient que leur mise en œuvre ne produira pas d’effets immédiats. Si la loi Pinel va logiquement dynamiser le marché immobilier, le temps de la production d’une opération de logement reste beaucoup trop long. De même, si la transition énergétique ouvre des perspectives pour les professionnels, les marchés –notamment dans la rénovation- vont mettre du temps à se concrétiser. Il faut des mesures fiscales significatives pour accompagner ces dispositifs. Le gouvernement doit faire du déplacement de l’épargne vers la construction, l’une des grandes priorités du prochain budget.

    Quel regard portez-vous sur le rapport Combrexelle qui doit servir de base à la réforme du Code du travail ?

    J. P. : Le Medef dit que le Code actuel est une entrave à l’emploi. Je parie que si demain le Code était supprimé, les entreprises n’embaucheraient pas pour autant. Ce qui bloque, c’est la trop faible activité. Pour autant, il ne faut pas renoncer à repenser les règles qui régissent le travail et cela ne passera pas par un dépoussiérage du Code actuel. Il faut une véritable remise à plat en créant d’abord un socle commun à toutes les professions. Dans un second temps, les branches pourraient introduire leurs spécificités. Pour le BTP, la sécurité, les heures supplémentaires ou l’apprentissage mériteraient des textes particuliers.

    Où en êtes-vous de la démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) ?

    J. P. : En juin dernier, nous avons lancé le label RSE Scop BTP dont le cahier des charges a été co-construit avec les pouvoirs publics et avec l’Afnor. Une fois évaluées Afaq 26000, les entreprises peuvent, si elles ont obtenu minimum de points (400 sur 1000), se lancer dans le processus de labellisation. Le label sera délivré par un comité de labellisation auquel participent tous les acteurs de la branche: OPPBTP, PRO BTP, BTP Banque, SMABTP… ou encore l’association Ethic. Le dispositif est prêt. Il faut maintenant que ce label soit reconnu par l’Etat. Nous serons alors les premiers dans la branche et les premiers de tous les secteurs professionnels à l’obtenir. Nous militons aussi pour que le label RSE Scop BTP soit inscrit dans le Code des marchés publics et constitue un plus en cas d’équivalence d’offre. Quelque 25 entreprises sont engagées dans la démarche et trois sont déjà dans la labellisation.

    Les Scop, c’est quoi ?

    Le statut des Scop (SA, SARL ou SAS avec statut juridique coopératif) repose sur les principes de salariés associés majoritaires avec au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote et l’élection du dirigeant. Les décisions sont prises selon la règle «une personne = une voix». Les résultats sont distribués selon la règle des trois tiers: 1/3 pour tous les salariés (participation et intéressement), 1/3 pour les salariés associés (dividendes), 1/3 pour les réserves impartageables (consolidation des fonds propres). Depuis 10 ans, le nombre de Scop a progressé de 10% dans le BTP et ces entreprises se distinguent par leur forte capacité de résistance à la crise. Avec 600 adhérents et 15000 salariés, la Fédération nationale Scop BTP représente 35 % du mouvement coopératif et revendique 800 mandats syndicaux professionnels. La Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) constitue son axe stratégique de développement.

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    23/09/2015

     


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